Expérience doctorale : les visites de recherche au sein d’autres universités

Si vous avez complété un échange étudiant lors du baccalauréat et que vous avez aimé, chances sont que vous adorerez une visite de recherche au niveau des études de troisième cycle! Il est en effet possible de fréquenter à court terme un milieu académique autre que notre université d’attache lors du parcours doctoral. J’ai eu l’opportunité de réaliser cette expérience pendant trois mois dans le contexte du programme de Visiting Scholars and Research Fellows de la Fordham University School of Law, dans la ville de New York aux États-Unis.

Généralement, ce type de visite permet un emploi du temps très flexible, construit par la personne accomplissant la visite selon ses besoins de recherche. Un accès aux bibliothèques et sources documentaires est fourni par l’université hôte, et parfois même un espace de travail. Dans certaines universités, il est permis d’auditer un ou des cours, tel que cela est le cas pour ma visite. Profitant de cette possibilité, j’ai décidé d’auditer un cours hors de mon parcours régulier, soit sur le droit municipal de la ville de New York. J’ai ainsi pu en apprendre sur l’une des spécialités de cette université, soit le droit « urbain », l’institution étant hôte du Fordham Urban Law Journal.

De telles visites permettent également souvent la présentation des travaux des visiteur-se-s, requérant la présence des autres visiteur-se-s. Assister à de telles présentations permet d’en apprendre plus sur différents systèmes juridiques, ainsi que sur des domaines de droit qui ne font pas nécessairement partie de nos champs de spécialisation. Présenter ses travaux dans de tels contextes nous permet d’obtenir de la rétroaction de personnes qui, similairement, ne partagent pas nécessairement notre champ de spécialisation ce qui est souvent le cas dans le contexte de colloques.

Puisque les autres visiteur-se-s ne vivent généralement pas dans la ville de destination outre cette visite, il s’agit également d’un contexte propice à se forger de nouvelles amitiés! En effet, les chances sont que la plupart de ces autres visiteur-se-s ne connaissent pas beaucoup de personnes avec qui aller découvrir les meilleurs 5 à 7 de la ville. Vivre cette expérience en la partageant avec d’autres dans la même situation l’enrichit certainement.

Il vaut la peine de bien réfléchir non seulement à l’université dans laquelle l’on souhaite accomplir une telle visite en termes des opportunités offertes pour les visiteur-se-s et de ses domaines de spécialisation, mais également la ville dans laquelle elle est située. Cela implique de connaître ce qui nous stimule en tant que chercheur-se-s : la tranquillité d’une petite ville universitaire dans laquelle s’isoler pour la rédaction, ou bien le dynamisme d’une grande métropole dans laquelle plusieurs activités culturelles, intellectuelles et sociales ont continuellement lieu? Pour ma part, la ville de New York m’a attirée en raison des nombreuses universités sur son territoire ainsi que du fait qu’elle accueille l’Organisation des Nations Unies. En plus de profiter des nombreux évènements de Fordham, j’ai ainsi eu la chance d’assister à des évènements à Columbia University et New York University ainsi que de présenter mes travaux à The New School. J’ai aussi eu la chance de participer au United Nations Youth Assembly, au siège social de l’organisation.

L’envers de la médaille, toutefois, est qu’avec toute cette liberté d’horaire vient la responsabilité d’être discipliné. Il est sage de se fixer des objectifs que l’on souhaite réaliser pendant sa visite. Cela permet de créer un échéancier que l’on peut certes réviser en cours de route, mais qui au moins nous sert de guide à travers toutes les distractions qu’un nouveau milieu, hors de sa routine régulière, peut amener.

Quant au financement pour cette aventure académique, je vous conseille de consulter le bureau des échanges internationaux de votre université pour voir quelles possibilités s’offrent à vous. D’emblée, vérifiez si vous êtes admissibles à une bourse additionnelle pour un tel séjour si vous être récipiendaires d’une bourse de recherche d’un organisme subventionnaire gouvernemental tel que les Fonds de recherche du Québec ou les Conseils de recherches du gouvernement fédéral canadien. Sous le Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur (MEES) du Québec existe également le Programme de bourses d’excellence pour les courts séjours d’études universitaires à l’extérieur du Québec. Des organismes privés subventionnent également de telles visites, comme Fulbright Canada si l’université se trouve aux États-Unis. Dans tous les cas, il faut s’y prendre d’avance, car les concours de bourses sont seulement ouverts à des dates fixes.

En somme, j’estime que le jeu en vaut grandement la chandelle. L’intégration au sein d’une autre Faculté que la nôtre constitue une expérience enrichissante à plusieurs niveaux outre que simplement professionnel!

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Sabrina Tremblay-Huet est candidate au doctorat en droit à l'Université de Sherbrooke (LL.D.). Elle détient une maîtrise en droit international (LL.M.) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), ainsi qu'un baccalauréat en relations internationales et droit international (B.A.) de la même université. Sabrina est cofondatrice du Laboratoire pour la recherche critique en droit (LRCD), et est représentante des étudiant-e-s aux cycles supérieurs sur le conseil d'administration de l'Association canadienne droit et société (ACDS/CLSA). Ses intérêts de recherche sont principalement les théories critiques en droit, le droit international des droits humains, le droit du tourisme, ainsi que le droit animal.

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